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COMMUNIQUE DE PRESSE
Le 16 juin 2006
L’Automédication : un enjeu de santé publique
Bien que l’automédication corresponde clairement à une attente largement partagée par l’immense majorité des Français, dans les faits, le développement de celle-ci est freiné, voire même entravé, depuis de nombreuses années. Les récents déremboursements ayant encore brouillés une image contradictoire : pour 54% des Français les déremboursements, et le discours négatif qui les accompagne, ont créé un doute quant à l’efficacité des médicaments non pris en charge par la sécurité sociale(*).
Pourtant dans d’autres pays, notamment européens, l’automédication a su trouver sa place.
C’est ainsi, par exemple, qu’en France l’automédication n’a représenté, en valeur en 2004, que 6,9% du marché total du médicament en ville, contre 14% en Allemagne et 15,1% en Espagne.
2ème pays d’Europe par sa population, la France occupe le 4ème rang en ce qui concerne la consommation de médicaments d’automédication.
Aujourd’hui, plus que jamais, il apparaît légitime d’en identifier les raisons de cette « exception française » et de proposer des mesures propres à renverser cette tendance. Au travers de la réforme de l’Assurance Maladie, le déremboursement de nombreux médicaments se situe dans une logique de mise en place de paniers de soins, c’est à dire du recentrage de l’assurance sociale collective sur les thérapeutiques les plus innovantes et les plus essentielles.
Nous sommes entrés dans une ère où l’évolution des thérapeutiques et les coûts de l’innovation n’autoriseront plus l’assurance collective à prendre tout en charge.
Il sont de plusieurs ordres et concernent :
- le patient consommateur : en ayant recours à l’automédication, il soigne efficacement et sans délais de nombreux maux sans gravité – en limitant les conséquences de ses activités professionnelles et sociales,
- le médecin: au regard de l’évolution des thérapeutiques et de la diminution du nombre de professionnels, son activité devra se recentrer sur la prise en charge et le suivi de pathologies lourdes et sur l’éducation thérapeutique afin d’améliorer l’état de santé de nombreux patients atteints d’affections chroniques,
- le pharmacien : la qualité de son conseil personnalisé guidant le patient dans le choix et le bon usage du médicament, lui confère un rôle primordial dans le parcours de soin des Français. Un rôle qui ne peut aller qu’en s’accentuant encore. En outre, en incitant ainsi le patient à se prendre en charge, il concourt à développer chez ce dernier un esprit de responsabilité vis-à-vis de sa propre santé,
- l’Assurance Maladie : confrontée à l’urgente nécessité de réaliser des économies, l’automédication représente un levier significatif pour limiter les dépenses médicales non prioritaires; rappelons que notre organisation actuelle des soins incite les patients à suivre un parcours de soins médicalisé, même pour des maux du quotidien. Un transfert de 5% du volume des médicaments consommés sur prescription vers l’automédication représenterait une économie d’environ 2,5 milliards d’euros** pour l’Assurance Maladie (limitation de la consommation de médicaments remboursés par la Sécurité Sociale, diminution du nombre de consultations médicales pour des pathologies sans gravité, réduction du nombre de journées non travaillées),
- les autorités de santé : l’automédication responsable représente une opportunité pour la sauvegarde de notre système de solidarité nationale face à la maladie ainsi qu’un moyen d’améliorer l’état de santé global de la population.
L’automédication responsable peut devenir, à court terme, la première étape du parcours de soins pour peu que l’on s’en donne les moyens.
Au Royaume-Uni, les autorités gouvernementales ont mis en oeuvre une politique particulièrement volontariste en matière d’automédication.
En effet, celles-ci ont décidé le récent délistage de la simvastatine, misant ainsi sur la prise de responsabilité d’un vaste public face à l’immense enjeu représenté par la baisse du risque cardiovasculaire qui constitue la première cause de mortalité. Cela a aussi été le cas des triptans pour la migraine et de certains antibiotiques par voie locale.
Un objectif essentiel de cette politique est de développer chez les Britanniques un réflexe de « self-care », c’est à dire l’ensemble des actions qu’un individu peut mettre en oeuvre pour prendre soin de sa propre santé.
Dans cette logique , le ministre de la santé anglais a récemment déclaré souhaiter procéder au délistage de 50 nouveaux médicaments dans les 5 prochaines années.
Trois ensembles de mesures sont de nature à faire changer les choses :
1. Orienter la demande de santé pour les pathologies bénignes vers une plus forte prise en charge individuelle : pour cela il faut que les patients acceptent de s’impliquer, ce qui passe notamment par une revalorisation de l’image des médicaments concernés dans le discours des autorités publiques et sanitaires.
2. Impliquer tous les acteurs : inciter, par exemple, les pharmaciens à augmenter la part des médicaments d’automédication dans leur activité, et les médecins à ne pas prescrire des alternatives remboursées en cas de déremboursement.
3. Faire bénéficier l’industrie pharmaceutique des dispositions européennes en matière de communication auprès du public et encourager les « switchs » volontaires.
(*) Enquête IMS Consumer Panel - réalisée sur un échantillon de 1000 individus représentatifs de la population française sur les critères d’âge/sexe/région/CSP-février 2006
(**) Etude AESGP 2004
Presse
IMS PR – 91 rue Jean Jaurès – 92807 Puteaux cedex
Marie-Catherine de La Roche - Tél : 01 41 35 10 00
AFIPA
Association Française de l’Industrie Pharmaceutique
pour une Automédication Responsable
8 rue Saint Saens – 75015 Paris